Le vilain petit canard The Girl with the blue balloon » d'Alfredo-Altamirano (AlfredoAltamirano.com)
13 février 2012 Écrit par  Mathieu Lamour

Le vilain petit canard

Alfredo, un mexicain qui habite en France depuis 9 ans a reçu samedi 28 janvier, une lettre de la Préfecture de Police de Paris. Son titre de séjour n’est pas renouvelable et par conséquent, il sera expulsé du territoire français sous 30 jours. Raison invoquée : ses revenus n’atteignent pas le seuil minimum exigé.

Diplômé d’un Bac L obtenu en Bretagne, il termine ses études à la Sorbonne Nouvelle pour devenir chef-opérateur dans le milieu du cinéma. Aujourd’hui reconnu comme talentueux par ses pairs, il est soutenu dans son opposition à cette décision arbitraire et aveuglement calculatoire.
L’expulsion d’Alfredo n’est qu’un exemple de la dangerosité de ces lois régulant l’immigration. Quand ce ne sont pas des familles qui sont séparées ou des exilés politiques en danger de mort, il peut simplement s’agir d’un anonyme dont les conséquences nous échappent souvent.

Une création de richesse non comptabilisée

Comme beaucoup de travailleurs, sa rémunération est bien maigre comparée au fruit de son travail. C’est particulièrement vrai dans le milieu artistique et encore plus dans le monde de la publicité. La promotion d’un produit génère quantités d’externalité économiques et donc de flux financiers. Du spot publicitaire à sa diffusion qui permettra des ventes et enfin une production, les ramifications sont nombreuses. Comment alors, avec une simple fiche de paie, justifier d’un apport évident à l’économie française.

Grâce à son appartenance double aux cultures française et mexicaine, ses amis sont fiers de profiter de cette précieuse sensibilité. Dans son travail d’abord, cela lui confère un savoir-faire singulier dans ce qu’il entreprend, le résultat en est d’autant plus riche. Plus important, les différences que portent ces multinationaux, contribuent à colorer le quotidien, à l’évolution de nos pensées.

Être rejeté par une société, son groupe social

Enfin, c’est un être humain. Animal social, l’appartenance à un groupe est comme la sécurité ou l’alimentation, un besoin naturel. Selon les affinités, les groupes se créent, se divisent, évoluent et les nations aussi. Être français passe aussi par ce sentiment d’appartenance. Être rejeté, comme être plaqué, peu importe les raisons, c’est une blessure.
Les multinationales, sous couvert de développement économique, continuent voracement de coloniser la planète. Dans le même temps, sans considérations de développement social, Alfredo repartira le 28 février au Mexique.

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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Richard 13 février 2012 Richard

    L'individu est à la société ce que le mot est à la phrase, sans elle il n'est pas grand chose, rejeté par elle il est... raturé.

    Rapporter
  • Lien vers le commentaire Richard 13 février 2012 Richard

    L'individu est à la société ce que le mot est à la phrase, sans elle il n'est pas grand chose, rejeté par elle il est... raturé.

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